Au Bar commun, on ne craint pas le débat !

On aurait pu avoir peur du défi : organiser notre premier débat philo au Bar commun. Alors pour mieux passer l’obstacle, ce débat a porté précisément sur la peur, et on l’a organisé le soir d’Halloween. Témérité, quand tu nous tiens…

Et ce fut fort intéressant ! D’abord sur le fond. Michael Foessel, professeur de philosophie à l’Ecole Polytechnique, auteur d’un livre de “critique de la banalité sécuritaire” intitulé État de vigilance, a lancé le débat, qui a ensuite été relancé par les participants.

On a parlé peurs, donc, peurs individuelles et collectives, peurs dictées par des autorités – parentales ou gouvernementales, peur de la mort, diversement abordée selon les cultures, ou peur du noir pour les urbains que nous étions très majoritairement ce soir-là… Et bien sûr, peur de l’autre. Avec ce soupçon que la peur de l’autre pourrait être, en fait, une facilité, puisqu’elle évite de se remettre soi-même en cause. On pense bien sûr au terrorisme, dont la crainte, parfois entretenue par les gouvernants, sert de prétexte à des privations de liberté ici et ailleurs. D’où la nécessité de hiérarchiser nos peurs, de ne pas nous les laisser imposer, et d’arriver à les surmonter collectivement, plutôt que de laisser l’État les prendre en charge.

Et ce fut innovant aussi sur la forme. Le Bar commun est à la recherche de nouvelles façons de débattre, pour mieux associer ceux qui n’osent pas prendre la parole en public, pensent n’avoir rien de pertinent à dire… Cette fois-ci, nous avions donc choisi le dispositif du “fish bowl”, animé par Julien Roirant. L’intervenant et l’animateur étaient donc assis au milieu du groupe, avec une chaise libre à leur côté, que chacun des membres de l’assistance pouvait venir occuper pour participer à la discussion jusqu’à ce qu’un autre le remplace.

Le débat s’est terminé sur cette question : peut-on vivre sans peur ? et sans peur, y aurait-il de l’amour ?