Écoutez le Bar commun le temps d’un podcast

Le Bar commun a été le sujet d’un des premiers épisodes de La Compagnie Générale des Autres, un podcast qui explore les innovations sociétales, des initiatives dont l’objectif est de créer du lien, de répondre aux besoins sociaux ou écologiques du quotidien.

Le thème de cet épisode : « Servir une bière peut-il être un acte politique ? »

L’occasion pour Johanna, l’une de nos piliers de comptoir bénévole, de raconter les étapes qui ont permis au Bar commun de voir le jour depuis ses travaux communs, aux actions de solidarités aujourd’hui à l’œuvre.

L’occasion également d’explorer les différents défis qui attendent le Bar pour la création de lien, la mixité, l’accueil de migrants ou encore la gentrification du quartier.

Accoudez-vous au Bar commun avec nous le temps d’un épisode, on vous sert un peu de convivialité engagée.

Pour commencer l’écoute, c’est par ici 

 

Et pour continuer la discussion, venez nous retrouver devant ou derrière le comptoir ! 

Libertés Numériques : des idées pour agir

En novembre 2018, le Bar commun a organisé toute une semaine d’événéments consacrés aux Libertés Numériques.

Nos usages des outils numériques sont devenus une évidence pour chacun d’entre nous, presque naturels, et pourtant nous sommes peu nombreux à nous interroger sur leurs conséquences, aussi bien vis-à-vis de nos vies privées que de nos sociétés démocratiques.

Le Bar commun a donc décidé de mettre cette thématique à l’honneur pendant une semaine, du 21 au 25 novembre 2018, en mettant en avant deux notions pas toujours parlantes pour le commun des mortels : la neutralité du Net et le logiciel libre.

 

Notre café associatif a donc été investi plusieurs semaines à l’avance par l’Expolibre, une exposition proposée par l’APRIL pour expliquer l’intérêt du logiciel libre, ainsi que par « Les Pavés numériques », une installation d’art contemporain signée Filipe Vilas-Boas, dont l’objectif est de mettre en parallèle la révolution de Mai 68 avec celle qu’il nous incite à faire aujourd’hui dans le domaine du numérique.

 

 

 

 

Puis, à partir du 21 novembre, de nombreux intervenants se sont succédés, dont vous trouverez ci-dessous la liste exhaustive, avec des liens vers leurs sites. 

 

. Jean-Philippe Squelbut a assuré une permanence Mageia sur toute la durée de la SLN pour permettre à chaque visiteur de découvrir, voire installer, ce système d’exploitation libre alternatif à Windows et Mac, développé et maintenu par une association loi 1901 dont le siège social est situé à Paris.

 

 

MERCREDI 21 NOVEMBRE

. Magali Garnero, alias Bookynette, libraire militante à l’APRIL et à Framasoft, est venue tenir une librairie itinérante toute la journée : À livr’Ouvert, qui proposait des ouvrages qui traitaient tous bien évidemment de près ou de loin des deux sujets principaux de notre événement.

 

. Isabelle Dutailly nous a principalement parlé des qualités du logiciel Libre Office Writer. Spécialiste de l’écriture numérique, elle nous invite à prolonger la réflexion sur ses sites de coaching numérique et de tutoriels. Puis pour élargir notre horizon du logiciel libre, elle 

nous renvoie vers le site de référence qui recense tous les événements dans le domaine.

 

. Le CECIL (Centre d’Études sur la Citoyenneté, l’Informatisation et les Libertés) a proposé, par l’intermédiaire de Daniel, une sensibilisation générale et concrète sur les risques liés à nos usages du numérique. Un guide de survie des aventuriers d’Internet a été édité par cette structure. Il s’agit d’un très bon outil de pédagogie pour faire ses premiers pas dans le monde du logiciel libre.

 

. En conclusion de la première journée de l’événement, nous avons reçu François Pellegrini, commissaire à la CNIL et professeur en informatique à l’université de Bordeaux, qui nous a proposé un parallèle entre révolution industrielle et révolution numérique. Son analyse est claire : il va falloir choisir la société dans laquelle nous voulons vivre, car celle-ci se fera soit au détriment de l’humain, comme au début de la révolution industrielle, avec des logiciels privateurs et un Internet à deux vitesses ; soit au profit du plus grand nombre en passant par le logiciel libre et un Internet neutre.

 

 

JEUDI 22 NOVEMBRE

. Gaël Musquet, l’un des fondateurs du projet Open Street Map, nous a présenté Qwant, un moteur de recherche français alternatif à Google qui considère chaque visite comme étant la première d’un nouvel utilisateur. Il ne piste donc pas nos agissements. C’est du moins l’engagement de la société qui développe ce service, malgré le fait que tout, dans cet outil, ne soit pas libre. Gaël a fortement insisté sur la nécessité en France de créer des outils efficaces numériquement pour assurer l’indépendance de notre pays.

 

. « Faut-il boycotter Facebook ? » était le grand débat organisé par le Bar commun, ce jeudi soir, animé par Julien Roirant et diffusé… en direct sur Facebook. Le journal en ligne Le Drenche était au rendez-vous pour couvrir cet échange houleux entre Éric Delcroix et Magali Garnero, enrichi ensuite par des questions et interventions en salle puis sur Internet. Ce débat a donné l’occasion d’ouvrir et alimenter une page Wikidébat, site créé par Manu Reilhac, qui se propose de devenir l’encyclopédie des débats. Retrouvez ici les arguments qui ont été échangés pendant ce débat en direct du Bar commun.

Il ne tient d’ailleurs qu’à vous d’aller compléter les arguments pour et contre le boycott de Facebook directement sur le site Wikidébat.

 

VENDREDI 23 NOVEMBRE

. La Quadrature du Net, qui réalise un immense travail de veille et de sensibilisation juridique en faveur de la neutralité du Net (notamment grâce aux dons qu’elle récolte via son site) s’est emparée du Bar commun ce vendredi.

 

. Benoît Piédallu a proposé une très intéressante histoire d’Internet et de ses technologies, tandis que Syst a animé une séance de questions / réponses d’auto-défense numérique. Pour la soirée, Lunar nous a proposé une Conférence Gesticulée dans ce qui ressemblait plus à une salle de spectacle qu’à un bar (commun, on vous le rappelle).

 

SAMEDI 24 NOVEMBRE

. Les hostilités de fin de semaine ont été ouvertes par Keoma, de l’association Franciliens.net, qui nous a expliqué l’intérêt de La brique Internet : une solution d’auto-hébergement qui permet en plus de masquer son activité Internet à son fournisseur d’accès via un tunnel VPN. Parfait pour la vie privée et la neutralité du Net !

 

. Ensuite, nous avons reçu Jean-Baptiste Kempf, président de l’association Videolan qui développe le logiciel libre français le plus utilisé au monde : VLC. Entre autres choses, il nous a fait part d’un constat malheureux : dans notre « start-up nation » aujourd’hui, on est beaucoup plus crédible lorsqu’on est un entrepreneur que lorsqu’on est une association. Sa société Videolabs touche des subventions dont ne peut pas bénéficier l’association Videolan. Du coup, autant que possible il embauche les contributeurs bénévoles de cette dernière. Sa présentation est disponible sur demande.

 

. Et puisqu’on parle de commerce et d’entreprise, Antoine Ricard est venu nous présenter un projet entrepreneurial parisien intrigant pour un numérique durable, avec notamment un service de messagerie électronique proposé à ses clients : Classe. Sa présentation est également disponible sur demande.

 

. Pour terminer cette journée, c’est un sujet transversal qu’Hugo Trenteseaux est venu aborder avec la monnaie libre g1 basée sur le logiciel libre Duniter. Il s’agit d’une alternative aux monnaies d’États conditionnées aux politiques économiques actuelles. Peut-être est-ce l’avenir du revenu minimum universel et d’une plus grande égalité entre les hommes face à l’envie d’obtenir une existence digne ?

 

 

DIMANCHE 25 NOVEMBRE

. Yaël et Valery de l’association Le mouton numérique ont assuré un atelier de sensibilisation à destination des adolescents : « Les aventures du mouton invisible qui ne l’était plus ». Pourquoi n’est-il plus invisible ? Eh bien parce qu’il n’utilise pas les bons outils pour naviguer sur Internet, mon enfant !

 

. Et qu’en est-il de l’obsolescence programmée en informatique ? Ce sujet a-t-il un lien avec le logiciel libre et la neutralité du Net ? Selon Marie Duponchelle, et son ouvrage Le droit à l’interopérabilité, la réponse est oui ! Sa conférence dynamique et passionnante a été le point d’orgue de cette journée et a enflammé les débats. 

 

. En conclusion de cette Semaine des Libertés Numériques, Daniele Pitrolo, de l’association Franciliens.net, nous a présenté le film « Nothing to hide » de Marc Meillassoux (disponible en ligne en libre accès). Sa projection a réveillé quelques alarmes chez certains spectateurs qui ne s’attendaient pas du tout à ce que des entreprises comme Google et Facebook puissent accéder à autant de données et métadonnées personnelles simplement par le biais des logiciels et applications qu’ils mettent « gratuitement » à notre disposition.

 

 

Espérons maintenant que cet événement aura servi à faire prendre conscience aux participants que le combat pour la préservation de nos libertés dans le domaine du numérique n’est pas qu’une affaire de spécialistes ou de passionnés… 

 

Ah si ! On allait oublier un geste fort et symbolique, la destruction d’une caméra de surveillance utilisée pour annoncer la Semaine des Libertés Numériques à l’aide d’un pavé numérique emprunté à l’oeuvre de Filipe Vilas-Boas :

 
 

Pour toute demande ou pour toute proposition d’activités en lien avec le logiciel libre, la neutralité et la décentralisation du Net, n’hésitez pas à nous écrire à libertenumerique@lebarcommun.fr . Nous sommes ouverts à toute proposition, et même en attente !

 

 

 

(c) Crédits Photos : Chloé Resche

 

La 1ere Semaine des Libertés Numériques

Une semaine des libertés numériques : pour quoi faire ?

De plus en plus, quotidiennement, nous utilisons des outils numériques extrêmement pratiques, sans vraiment nous demander ce que leur usage entraîne comme conséquence.

Le Bar commun vous invite donc, du 21 au 25 novembre 2018, à vous interroger sur le sujet.

Deux thèmes principaux seront à l’honneur :
– la neutralité du Net
– le logiciel libre

Si vous ne savez pas bien ce qu’englobent ces deux notions, alors cet événement est fait pour vous !

Tout au long de cette semaine, nous accueillerons de nombreux intervenants qui nous proposeront des ateliers de sensibilisation et d’appropriation pour tous les âges, des conférences gesticulées, des débats, des discussions, une projection documentaire…

Découvrez ici le programme de la Semaine des Libertés Numériques : 

En attendant, vous pouvez aussi dès aujourd’hui venir découvrir l’œuvre « Les Pavés Numériques » de Filipe Vilas-Boas installée au milieu du Bar commun pour nous faire prendre conscience des enjeux et du pouvoir qui est entre nos mains.

 

 

#WelcomeBar : une journée avec et pour les réfugiés

Dimanche 24 juin, 20h00 – Les rayons du soleil et les bonnes ondes de la journée inondent encore le Bar commun. Au son de la flûte du Nil et du beat box syrien, le #WelcomeBar se prolonge. On n’a plus envie de se quitter. Cinq flashbacks pour revivre ce beau dimanche de rencontres et de partage avec et pour les exilé.e.s.

 

11h30 > Moulin à paroles

Aurore et Henri s’activent derrière le comptoir. Le bar s’anime, au rythme du quartier. On sent monter les effluves de café. On a donné rendez-vous aux ami(es) de Singa, Utopia 56, Thot et Refugeless avec qui on prépare la journée depuis un mois. Comme tous les dimanches, vers 11h30, on démarre avec l’atelier de conversation en Français. Mais ce « Moulin à paroles » est particulier : on a gonflé l’effectif des bénévoles en espérant avoir donné envie aux réfugié.e.s du quartier de venir nous rencontrer. Pari gagné ! D’abord deux, puis quatre, puis dix… Ils sont Afghans, Ivoiriens, Syriens ou Soudanais. Autour des tables en bois, les discussions vont bon train. On échange des idées, des sourires et du jus de fruit. Ca y est : la glace est brisée.

 

12h30 > Table commune

Alors que la parole continue de se libérer. Katharina et Francisco amènent les grandes salades qu’ils viennent de préparer, pour lancer agrémenter la Table commune que l’on partage au Barco tous les premiers dimanches du mois. On installe donc la gazinière pour lancer une plâtrée de pâtes et être sûr de ne pas manquer. On coupe ensemble les herbes, les tomates, la feta. Et le premier coup de gong résonne. Avant de déjeuner ensemble, on fait tourner le micro. En Français, en Arabe, en Pachtoune et en Anglais, on se rappelle pourquoi on est là : « ici, la fraternité, plutôt que de la graver sur un fronton, on veut la vivre en vrai ! » Alors, comme les estomacs sont vides et les langues déjà déliées, c’est l’heure de passer à table… commune, bien sûr !

 

14h00 > Comme une image

A l’heure du café, Alexandra distribue à chacun.e un bout de photo en noir et blanc. Sans bien comprendre pourquoi, tout le monde se retrouve avec une moitié d’animal scotché sur le tee-shirt… Le but du jeu ? Rencontrer celui ou celle qui la porte l’autre moitié et se trouver un point commun. On se prend au jeu dans un joyeux capharnaüm. Frédérique et Alex se rendent comptent qu’ils adorent tous les deux les chats. Pour Julien et Alex, c’est le bowling. Le football rassemble Sinik alim et Tamim. C’est la course à pied pour Mamadou et Katharina. On immortalise les improbables duos en terminant par celui que forment Julie et Haytham. Ces deux-là ont une drôle de passion commune : ils adorent gueuler…

 

15h00 > Tou.te.s au parc

Il fait beau. Il fait chaud. On traverse la rue pour passer l’après-midi dans le parc d’en face. On monte les équipes et c’est parti pour les activités. Sur l’esplanade, Thomas a lancé un grand match de foot. Les buts se marquent entre des cartons de bouquins. Entre deux arbres, on a tendu une slackline. Juste à côté, on s’affronte au Molky ou au Twister. Si l’initiation à la pétanque a du succès, il faudra encore quelques #WelcomeBar pour monter des doublettes de compétition…

 

18h00 > Hauts les chœurs !

Pendant que la petite troupe finissait de cuire au soleil, on a ressorti des gâteaux, monté les enceintes et branché la table de mixage. On a hâte de retrouver Gandhi Adam, de Music for All. Il nous a réservé un de ces petits concerts de flûte du Nil dont il a le secret. Mais Haytham, arrivé de Syrie il y a trois ans, a une idée derrière la tête : il propose à notre pote soudanais de l’accompagner en mode beat box. Tout le monde se retrouve devant le comptoir. Elion nous improvise aussi un petit rap. Ambiance garantie. Impossible de s’arrêter…

 

Découvrez ici une Vidéo de ce Concert du premier #WelcomeBar avec Haytham et Gandhi :

 

et plus de photos et vidéos de cette belle journée sur notre page Facebook.

 

Alors, quand est-ce qu’on remet ça ?

Pour partager vos idées pour le prochain #WelcomeBar ou nous rejoindre, contactez-nous à cette adresse : exil@lebarcommun.fr

Common 18, la Semaine Hip-Hop du Bar commun

– Du Jeudi 7 au Dimanche 10 décembre – 

Le Bar Commun, bar de quartier associatif, culturel et citoyen, porté par des bénévoles, et implanté au cœur du quartier Amiraux-Simplon dans le 18ème arrondissement, veut faire entendre les voix et montrer les voies du hip-hop – et notamment du 18ème, sans doute le plus hip hop des arrondissements de Paris, territoire du plus grand mur graffé de France rue Ordener, comme des historiques d’Assassin, de la Scred Connexion, ou encore de Flynt, C.Sen ou Kalash. Nouveau lieu ouvert à tous, qui se veut caisse de résonnance à toutes les énergies créatives et militantes pour fabriquer une contre-société solidaire et festive, le Bar commun ne pouvait que consacrer sa toute première semaine thématique à la culture urbaine la plus inventive et la plus contestataire de ces trois dernières décennies, très implantée localement.

Ateliers pour les jeunes, débat-rencontre avec les artistes, performances et open mics : aidez-nous à fabriquer ou venez participer à la Semaine Hip-Hop, programmée du 7 au 10 décembre 2017.

 

Le programme complet

 

Mercredi 06/12, Samedi 09/12 et Dimanche 10/12, de 14h00 à 18h00

ATELIER D’ÉCRITURE RAP

Bienvenue aux jeunes, pour 2 sessions de 4h au choix, où on sue du stylo à se façonner du flow stylé – Sur inscription, en envoyant un email avec vos noms & disponibilités à hiphop@lebarcommun.fr

Jeudi 07/12, 20h00 – 23h00

« A TRIBE CALLED 18 ? » RENCONTRE-DÉBAT AVEC KOMA, FLYNT, SALIMA DRIDER & C.SEN

4 personnalités du rap made in XVIIII nous parlent de leur quartier et de leur art.

Vendredi 08/12, 19h00 – 23h00

SOIRÉE OPEN MIC (scène ouverte)

Ouvert à inscriptions, envoyez vos noms et vos sons à hiphop@lebarcommun.fr

Samedi 09/12, 20h00 – 01h00

HIP HOP MIX, le Bar Commun fait sa block Party !

On se met la fièèèèèvre sur le dance floor avec du groove de partout : Paris Ile de France, Massilia, Amériques, Europes… tout est bon dans le gros son.

Dimanche 10/12, matin

FINITION / PRÉSENTATION des ATELIERS d’ÉCRITURE RAP

Dimanche 10/12, 20h00 – 22h00

PROJECTION DE « BEAT BOX BOOM BAP AUTOUR DU MONDE » et RENCONTRE-DEBAT AVEC PASCAL TESSAUD, réalisateur (“Brooklyn”, “Slam, ce qui nous brûle”) & certains des meilleurs beatboxers français  : COLAPS (champion de France 2017 « End of the Game » en solo & en équipe), POLO Mister Groove (champion de France 2017 en équipe) et SCOUILLA (champion de France « End of the Game »).

 

La culture Hip-Hop dans le XVIIIe 

Né dans les ghettos noirs des Etats-Unis, issu notamment des block parties du Bronx au début des eighties, le mouvement hip hop s’est déployé dans de nombreuses disciplines (rap ou MCing, DJing beatboxing, break-dancing et danses hip hop, graffiti, street wear…) et plus que n’importe quel autre genre musical, il résonne désormais partout dans le monde, partout où une rage à sortir et un micro à prendre suffisent pour balancer son flow. Musique née de la misère et de l’oppression à la manière du blues, le rap s’est lui-même diversifié en de nombreux sous-genres, du gangstarap, porteur de toute une mythologie violente et bling bling, au rap conscient, souvent underground et politique. Très vite, dès les années 90, le rap français, porté par les phénomènes IAM et NTM entre autres, s’est imposé dans le concert des nations – sans doute qu’au delà de la tradition de la chanson à textes, l’histoire des colonies et la géographie des discriminations dans notre pays n’y sont pas étrangères…

En parallèle de la Seine-Saint-Denis ou de Marseille, le 18ème devient très tôt une terre de rap, arrondissement le plus populaire et cosmopolite de la capitale, marqué aussi par une grande vie artistique (magasins de disques et salles de concerts, notamment les adresses mythiques du boulevard Pigalle : Divan du Monde, Cigale, Elysée-Montmartre, Trianon….) et toute une tradition intellectuelle et révolutionnaire (la Commune évidemment, le Zola de l’Assommoir, les réseaux du FLN…). Le squat de l’Hôpital Ephémère, pépinière des plus grands du rap français ; l’affaire Makomé M’Bowolé, jeune de 17 ans abattu d’une balle dans la tête au commissariat des Grandes-Carrières, bavure policière inspiratrice du film La Haine ; la compilation de Flynt Explicit DixHuit… : le hip hop made in XVIII porte désormais toute une histoire, qui ne cesse de s’écrire aujourd’hui, avec par exemple l’hymne Paris North Face rassemblant Georgio, C.Sen et Koma ; ou le nouveau venu Sopico et son son plus trap.

 

 

Au Bar commun, on ne craint pas le débat !

On aurait pu avoir peur du défi : organiser notre premier débat philo au Bar commun. Alors pour mieux passer l’obstacle, ce débat a porté précisément sur la peur, et on l’a organisé le soir d’Halloween. Témérité, quand tu nous tiens…

Et ce fut fort intéressant ! D’abord sur le fond. Michael Foessel, professeur de philosophie à l’Ecole Polytechnique, auteur d’un livre de “critique de la banalité sécuritaire” intitulé État de vigilance, a lancé le débat, qui a ensuite été relancé par les participants.

On a parlé peurs, donc, peurs individuelles et collectives, peurs dictées par des autorités – parentales ou gouvernementales, peur de la mort, diversement abordée selon les cultures, ou peur du noir pour les urbains que nous étions très majoritairement ce soir-là… Et bien sûr, peur de l’autre. Avec ce soupçon que la peur de l’autre pourrait être, en fait, une facilité, puisqu’elle évite de se remettre soi-même en cause. On pense bien sûr au terrorisme, dont la crainte, parfois entretenue par les gouvernants, sert de prétexte à des privations de liberté ici et ailleurs. D’où la nécessité de hiérarchiser nos peurs, de ne pas nous les laisser imposer, et d’arriver à les surmonter collectivement, plutôt que de laisser l’État les prendre en charge.

Et ce fut innovant aussi sur la forme. Le Bar commun est à la recherche de nouvelles façons de débattre, pour mieux associer ceux qui n’osent pas prendre la parole en public, pensent n’avoir rien de pertinent à dire… Cette fois-ci, nous avions donc choisi le dispositif du “fish bowl”, animé par Julien Roirant. L’intervenant et l’animateur étaient donc assis au milieu du groupe, avec une chaise libre à leur côté, que chacun des membres de l’assistance pouvait venir occuper pour participer à la discussion jusqu’à ce qu’un autre le remplace.

Le débat s’est terminé sur cette question : peut-on vivre sans peur ? et sans peur, y aurait-il de l’amour ?